Musees de Laval » Van der Steen Germain (1897-1985) – L’Oiseau fantastique



Van der Steen Germain (1897-1985) – L’Oiseau fantastique


 

Van der Steen Germain, oiseau fantastique, non daté

Van der Steen Germain, Oiseau fantastique, non daté

 

Germain Van der Steen est né en 1897 à Versailles. Adolescent, il s’intéressait déjà au dessin et à l’aquarelle, mais sa vocation artistique n’a réellement éclos qu’en 1931, lorsqu’il ouvrit avec son épouse un magasin de couleurs.

 

Gazé pendant la Première Guerre Mondiale, il en garda des séquelles toute sa vie. Bien souvent, il ne parvenait pas à dormir normalement, se réveillant avec la sensation d’étouffer. Il passait alors ses nuits à peindre les rêves qu’il ne faisait plus : « la vraie création de l’esprit », écrivit-il, « se fait dans la douleur comme l’enfantement physique ».

 

Le monde de Van der Steen est un monde coloré et joyeux, peuplé d’une étrange végétation, d’oiseaux, et surtout de chats. En effet, il a réalisé une grande série d’œuvres représentant des félins : des chats souriants, des chats boudeurs, des chats dansants, des chats colériques… Tous ont de grands yeux qui dévorent leur visage si étonnamment expressif et épient le visiteur.

 

L’artiste utilise indifféremment les techniques, gouache et huile pour L’Oiseau fantastique, ou encore crayon de couleur et feutres sur papier. Toutefois, la simplicité extrême du trait, la spontanéité, la poésie du dessin, et surtout, l’utilisation de la couleur restent des caractéristiques communes à l’ensemble de son oeuvre. Toujours vive, flamboyante, chaleureuse, parfois violente, la couleur permet à Van der Steen de révéler une partie du secret de chaque félin. En effet, l’artiste ne désire pas seulement représenter au mieux la souplesse du pas ou la douceur du pelage, mais surtout révéler quelque chose du secret de l’animal et de son identité. À chaque fois, c’est une facette de sa propre âme que Van der Steen veut éclairer : « voilà pourquoi les chats me regardent fixement et semblent me reconnaître » (dans Empereur des chats, Van der Steen, 1967).