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Séraphine de Senlis – Bouquet de mimosas


 

Seraphine de Senlis

Séraphine de Senlis, Bouquet de mimosas, vers 1925

 

 

Séraphine de Senlis est une artiste majeure de l’Art Naïf. Elle est née en 1864, dans un petit village de l’Oise, et perdit ses parents très jeune. À dix-huit ans, elle s’installa dans un couvent où elle effectua les tâches ménagères. Au bout d’une vingtaine d’années, elle partit, et commença à travailler comme domestique chez des particuliers.

 

Séraphine a toujours peint, depuis son enfance ; mais c’est à quarantedeux ans qu’elle dit avoir entendu son « bon ange », tandis qu’elle priait à la cathédrale, lui demander de pratiquer plus sérieusement la peinture. Elle commença alors à s’exercer seule, sans maître, y passant tout son temps libre.

 

C’est à Senlis, où elle s’est installée en 1904, qu’elle rencontra Wilhelm Uhde, le critique d’art découvreur de Picasso et de Rousseau ; il s’enthousiasma dès le premier coup d’oeil pour cette peinture si singulière. Uhde offrit sa protection à l’artiste, la soutenant financièrement pendant de longues années. Les œuvres de Séraphine participèrent grâce à lui à de nombreuses expositions ; mais en 1930, à cause de la Grande Dépression, Uhde dut cesser de l’aider. Totalement isolée du monde de l’art, Séraphine se sentit abandonnée, et traversa deux années d’une terrible solitude. En proie depuis longtemps à des angoisses et un délire de persécution, son déséquilibre mental s’aggrava. En 1932, elle fut internée à l’hôpital psychiatrique de Clermont-de-l’Oise, où elle mourut en 1942, oubliée de tous, n’ayant plus jamais touché à un pinceau.

 

L’œuvre de Séraphine est un miracle d’équilibre, d’harmonie et d’intensité. Son secret réside dans ses couleurs flamboyantes, aux reflets et à la texture uniques, dont personne ne connaît la recette puisque Séraphine a toujours refusé de révéler les ingrédients qu’elle mélangeait à son Ripolin. D’un tempérament mystique, elle travaillait en alternant supplications angoissées et chants religieux exaltés, persuadée que son oeuvre révélait des intuitions spirituelles. Sa peinture se nourrit de son attachement viscéral à la nature, au cœur de laquelle elle puisait son inspiration.

 

Le Bouquet de mimosas présente le style caractéristique de l’œuvre de Séraphine : le vase est constitué de deux zones colorées, l’une au centre, l’autre à proximité des parois formées de traits au pinceau, vifs et courbes. Le fond rose est sommairement appliqué, tandis que se déploie un bouquet rigoureusement composé. Les contours des fleurs et des feuillages se chevauchent, s’effilochent. Le geste nerveux, délirant même quand il mêle la végétation aux parois et aux anses du vase, révèle sans peine la personnalité ardente, passionnée et exaltée de l’artiste.