Musees de Laval » Peter Ristic (1927) – L’Oiseau



Peter Ristic (1927) – L’Oiseau


 

Peter Ristic, L’Oiseau, 1978

 

 

Peter Ristic est un artiste, né en 1927 en Serbie, qui a longtemps vécu en Slovénie, à Ljubljana. Fils d’un paysan très pauvre, il découvrit l’école seulement à l’adolescence dans une formation professionnelle. Son destin fut bouleversé pendant la Seconde Guerre Mondiale, durant laquelle il se battit dans les rangs des Partisans. Il fit carrière dans l’armée ; à l’heure de sa retraite, il était lieutenant-colonel. Malgré tout, dira-t-il, restait très profondément ancré en lui le souvenir des injustices vécues lorsqu’il était enfant. C’est ce sentiment qui fut source d’inspiration pour le peintre.

 

Admiratif des peintres Rousseau, Generalic et Rabuzin, il peignait depuis sa jeunesse. À mesure que grandit son besoin de s’exprimer, l’art prit une place plus importante dans sa vie. L’enfance est omniprésente dans les œuvres de Ristic : l’artiste voit sa peinture comme le moyen de retrouver le regard qu’enfant, il posait sur le monde. L’œuvre contient également une dimension surnaturelle, souvent présente dans les œuvres naïves d’Europe de l’Est, ce qui
rajoute à la poésie de la composition. Ainsi L’Oiseau représente un coq, mais ses plumes apparentées à des feuilles d’arbres, ses couleurs flamboyantes, ses proportions démesurées, lui donnent des allures d’oiseau fantastique. Il occupe tout l’espace du ciel turquoise, le monde terrestre, gris et laborieux, disparaissant presque du tableau, déjà oublié.

 

Une autre œuvre de Peter Ristic vient compléter L’Oiseau : Le Coq blessé semble raconter la fin de l’histoire. L’oiseau est tombé du ciel ; les feuilles qui composent son plumage retrouvent la terre, se confondent à elle. L’oiseau représente l’homme, animé d’une force virile dans L’Oiseau, vaincu par la vie dans Le Coq blessé.

 

RISTIC_Le Coq blessé

Peter Ristic, Le Coq blessé, 1975.

 

 

Comme beaucoup d’artistes naïfs d’Europe de l’Est, Peter Ristic pratique la peinture fixée sous verre. Cette pratique difficile, que l’artiste maîtrise parfaitement, donne aux couleurs une brillance et une transparence particulières, et aux détails une finesse inégalée.