Musees de Laval » Nidzgorski Adam (1933) – Sans titre



Nidzgorski Adam (1933) – Sans titre


Adam Nidzgorski, Sans Titre, non daté

Adam Nidzgorski, Sans Titre, 2009

 

Adam Nidzgorski est un artiste d’origine polonaise, né en banlieue parisienne en 1933. Il a passé son enfance et son adolescence en France, puis en 1951, est parti pour Varsovie grâce à une bourse d’études. Il y resta jusqu’en 1956. L’art n’étant pas encore rentré dans sa vie, c’était par le sport qu’il s’exprimait : il contribua notamment à introduire le judo en Pologne. Après un bref retour en France, il s’installa en Tunisie, où il a exercé pendant dix ans en tant que professeur d’éducation physique à l’École d’éducation physique de Tunis. Adam Nidzgorski s’initia au dessin à trente ans en véritable autodidacte.

 

Les débuts ont été difficiles : ses œuvres étaient jugées maladroites et enfantines. Ses personnages sans oreilles, sans perspective, étonnaient et dérangeaient. Il exposa pour la première fois en 1967, en Tunisie. De retour à Paris, en 1970, il rejoignit le groupe Concordances, groupe d’artistes qui réfléchissent à la place de l’art dans la société. Depuis les années 2000, il multiplie les expositions, et ses oeuvres sont entrées dans les collections permanentes de plusieurs musées, comme le Musée de la Création Franche de Bègles, le Musée International d’Art Naïf Anatole Jakovsky de Nice, le Musée d’Art Naïf et d’Arts Singuliers de Laval. Des institutions étrangères ont également acquis plusieurs de ses œuvres en Pologne, aux Pays-Bas, et en Espagne.

 

Le Musée d’Art Naïf et d’Arts Singuliers de Laval possède deux tapisseries acquises en 2014. Adam Nidzgorski a souhaité de son côté compléter cette acquisition par un don d’un ensemble d’études et d’œuvres sur papier. Le Musée possède donc un véritable « fonds » Adam Nidzgorski, qui permet d’appréhender dans sa globalité l’oeuvre de l’artiste.

 

Adam Nidzgorski ne travaille qu’un seul thème : la figure humaine. Ses personnages ont de grands yeux, au regard interrogatif sur lesquels l’attention se fixe forcément en premier lieu. Selon les oeuvres, ces yeux trahissent joie, tendresse et parfois angoisse. Les traits simplifiés au possible et les couleurs très vives appellent un univers d’enfant. Les personnages bienveillants aux mouvements raidis s’enlacent les uns les autres sans cesser de dévisager le visiteur. Bien souvent une mère embrasse son enfant, évoquant les figures des icônes religieuses que Nidzgorski a côtoyées durant son enfance.

 

Nidzgorski aime multiplier les supports, choisissant des matériaux improbables dont le vécu l’inspire : cartons récupérés, feuilles d’électrocardiogramme, copies d’examen, tickets de métro… Sur chacune des surfaces élues, il dessine son peuple de petits personnages à la mine de plomb, aux crayons de couleurs, à l’encre de Chine, aux pastels, à la gouache, à l’huile, ou encore à l’acrylique. Très vite, il ne se contenta plus du dessin : il commença par ajouter à ses coups de pinceaux des morceaux de tissus découpés avec soin, qu’il collait sur ses tableaux, ajoutant à ses compositions une douceur renouvelée. Il lui arrivait de juxtaposer des bouts d’aluminium, ou de la laine tissée. Enfin, dès 1985, l’artiste décida de passer à une dimension totalement textile de son oeuvre. Il entama donc une collaboration avec Zina M’Barek, artiste tapissière à Gafsa, en Tunisie : il lui propose ses dessins, en petit format, qu’elle étudie et adapte en grandes tapisseries de laine, parvenant à transposer toute l’émotion des personnages de Nidzgorski.