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Iracema Arditi – Rio Sobrenatural


 

Iracema Arditi, Fleur d’eau, 1998

 

Iracema Arditi est l’un des plus grands peintres naïfs du Brésil. Elle est née en 1924 à Sao Paulo.

 

Iracema s’est passionnée très jeune pour les arts populaires, s’entourant d’artistes qu’elle admirait ; mais ce n’est qu’en 1951 qu’elle commença elle-même à peindre, pour ne plus s’arrêter. Artiste prolifique, elle peignait uniquement à l’huile car, disait-elle, « c’est une technique qui sait attendre, elle est patiente ». Ses œuvres ont voyagé partout dans le monde, y trouvant toujours la reconnaissance qu’elles méritaient : en 1965, Iracema exposa pour la première fois à Sao Paulo, puis ce fut Paris, Rome, Bruxelles, Téhéran, Zurich… Elle a fondé en 1972 le Museo do Sol, premier Musée d’Art Naïf du Brésil. En 1985, elle reçut en France la Croix de Chevalier des Arts et des Lettres.

 

Iracema Arditi a joué un rôle important dans la constitution des collections du Musée d’Art Naïf et d’Arts Singuliers de Laval : enthousiasmée par la création de l’institution en 1967, elle a mobilisé plusieurs de ses compatriotes, permettant au Musée d’accueillir en son sein un nombre important d’œuvres brésiliennes.

 

Dans Fleurs d’eau, comme toujours dans les œuvres d’Iracema, c’est la végétation qui est au cœur du tableau. Le vert, couleur la plus importante de sa palette, prédomine. Au centre, se trouvent deux personnages, aussi petits que les animaux visibles ici ou là. L’ensemble rayonne d’une paix, d’une sérénité, qui sont la signature d’Iracema Arditi.

 

La peinture d’Iracema fourmille d’une vie cachée, invisible, qui se donne à contempler dans les couleurs intenses qu’elle utilise : le bleu pur du ciel et de l’eau, le vert exalté des végétaux. La nature, exubérante et luxuriante, est un écrin : tout, plantes, êtres humains, animaux, y vivent pleinement en harmonie. C’est certainement ce qui a fait écrire à Pablo Neruda, dans le poème qu’il composa pour Iracema à propos de sa peinture : « Ce fut comme assister aux premières amours de la Terre » (Por Iracema, Pablo Neruda, 1965).