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Hernandez Miguel (1893-1957) – Cathédrale


Hernandez Miguel, Cathédrale, 1947

Hernandez Miguel, Cathédrale, 1947

 

Miguel Hernandez est un artiste espagnol, né à Avila en 1893. Il mena une vie mouvementée : jeune adulte, il partit à la poursuite de ses rêves au Brésil, d’où il revint quelques années plus tard. Au Portugal et en Espagne, il fut arrêté à plusieurs reprises, à cause de son activité contre le régime dictatorial de Primo de Rivera. Il partit alors pour la France. Il fut enfermé en camp d’internement pendant la guerre. La vocation artistique d’Hernandez est née tardivement : ce n’est qu’en 1929, alors qu’il était âgé de trente-six ans, qu’il ressentit le besoin de dessiner pour la première fois de sa vie. Pendant six mois, il s’exerça quotidiennement. Il reprit après la guerre, à l’huile et aux crayons de couleurs. Il ne s’arrêta plus jamais de pratiquer.

 

L’œuvre de Miguel Hernandez est hantée par l’absence de sa femme. Lorsqu’il fut interné, il lui demanda de quitter la France pour rejoindre Madrid. Il lui fut impossible de retrouver sa trace après sa libération, malgré tous les efforts déployés. Le messager qu’il envoya en Espagne à la recherche de son épouse n’eut pas le courage de lui avouer que la jeune femme partageait la vie d’un autre homme. Hernandez ne parvint jamais à l’oublier, redessinant le visage de la femme aimée dans nombre de ses œuvres.

 

Par ailleurs, Hernandez trouvait dans la nostalgie de son terroir, de son pays et de sa famille une abondante source d’inspiration . Le monument de Cathédrale n’est pas sans rappeler certains édifices espagnols comme Notre-Dame du Pilier de Saragosse ou la cathédrale de Séville. Dans la misère de sa solitude parisienne, Hernandez se remémorait les années heureuses en Espagne, ce monde dans lequel il avait pleinement vécu avant la guerre et l’exil, mais dans lequel il ne se sentait plus vivre qu’à moitié.

 

Ce qui donne sa puissance et son intensité à l’œuvre d’Hernandez, ce sont les jeux de lumière : ses tableaux sont obscurs, et les lumières y sont distribuées de manière improbable. De la même manière, les couleurs se contrastent entre elles de façon inattendue : des hachures et des taches viennent casser l’harmonie de l’ensemble, comme ces pointes de bleu très clair autour des tours du monument, et les contrastes si flagrants entre les différentes sections du ciel. L’ensemble prend alors une dimension totalement irréelle et lointaine : l’artiste peignait ce monde qu’il voyait si beau, mais auquel il ne se sentait plus totalement appartenir.