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Heinrich – La Basse-Cour


 

Heinrich, La Basse-cour, non daté

Heinrich, La Basse-cour, non daté

 

La représentation de l’animal est récurrente en Histoire de l’art ; elle est de tous temps et de tous styles. Chassé ou chasseur, mystérieux, complice ou prédateur, à travers l’animal, ce sont les rapports complexes entre l’homme et la nature que l’art veut explorer.

 

Les Naïfs, à leur tour, se sont emparés du sujet de l’animal ; Rousseau peint dans ses jungles des animaux sauvages qu’il copie à partir d’albums, Van der Steen crée un bestiaire explosif et fabuleux, Anne Mandeville peuple son univers d’animaux attachants au regard étonnamment expressif, comme son Otarie suppliante. Ainsi, les uns profitent de ce thème infini pour supprimer les dernières barrières de leur imagination et de leur fantaisie ; les autres posent un regard de gratitude sur cette nature qui vit en harmonie avec les hommes.

 

Heinrich, artiste dont la biographie nous reste aujourd’hui encore inconnue, peint deux scènes de basse-cour, avec un minutieux souci du détail : un coq et quelques poules entourent à chaque fois un magnifique paon. Pourtant celui-ci ne fait pas la roue, alors que cette démonstration de grâce et d’élégance aurait été un sujet parfait pour sublimer l’œuvre. Au centre des deux compositions, une barrière envahit l’espace ; derrière elle s’étend de vastes plaines et une forêt au loin, où s’épanouit librement la nature. Il y a comme un regret dans cette œuvre : le paon, peut être comme l’artiste, ne devrait pas rester enfermé au milieu des créatures médiocres de basse-cour ; il est fait pour la grandeur et la liberté.