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Fernande Grossin (1886-1975) – Nazare Portugal


 

Grossin Fernande, Nazare Portugal, non daté

Grossin Fernande, Nazare Portugal, 20e siècle

 

Fernande Grossin est une artiste née en 1886 à Bordeaux. Elle a passé une grande partie de sa jeunesse en Martinique, où son époux était
lieutenant de gendarmerie, de leur mariage en 1906 jusqu’en 1925.

 

Fernande Grossin s’initia à la peinture tardivement, mais elle avait toujours eu une sensibilité artistique très forte. Avant son mariage, elle exerçait comme modiste, ce qui lui permettait déjà d’exprimer sa créativité ; pendant les années heureuses de sa vie en Martinique, elle parcourait l’île de long en large avec son appareil photo. Elle apprenait alors déjà sans s’en rendre compte les secrets de la composition, de la lumière et des couleurs.

 

Son mari décéda en 1936 ; ses enfants étaient déjà grands. C’est alors que, presque par hasard, pour s’occuper, Fernande Grossin se procura
pour la première fois des pinceaux, et s’initia à la peinture. Pourtant, comme l’écrivit à son sujet Anatole Jakovsky, « lorsqu’à cet âge-là, […] on se propose de réinventer la peinture de A à Z, c’est qu’on a quelque chose à dire et qu’on ne peut pas faire autrement. Il ne peut s’agir, par conséquent, ni d’un passe-temps, ni d’un métier, ni d’une carrière, mais plutôt d’une sorte d’heure de la vérité […] afin de savoir enfin si la vie valait ou ne valait vraiment pas la peine d’être vécue » (Carton d’invitation au vernissage de Fernande Grossin à la Galerie Antoinette de Paris, Anatole Jakovsky, 1968).

 

Jusqu’à un âge très avancé, celle qui fut surnommée Mémée Grossin ne cessa plus de peindre, rencontrant un succès qu’elle n’attendait pas. Devenue une femme âgée, elle profitait de la paix de sa vie pour pratiquer son art. Sa peinture était une façon pour elle de faire revivre les souvenirs des jours qui l’avaient rendue heureuse : elle reproduisait les paysages de Martinique et des pays qu’elle avait visités, comme pour Nazare Portugal où est peinte une plage de la ville portugaise de Nazaré. Elle donnait souvent à ses personnages, minutieusement peints, des visages connus et aimés, celui de son époux disparu, ceux de ses enfants et de ses proches.

 

Mémé Grossin aimait également peindre sur le motif, c’est-à-dire directement sur la toile, en extérieur, sans croquis préalable. Elle reproduisait ainsi directement ses impressions. Elle utilisait des couleurs très vives, qu’elle éclairait d’une lumière limpide, pour représenter le pittoresque de la vie quotidienne qui la surprenait et l’émerveillait toujours.