Musees de Laval » Eve Jean (1900 – 1968) – Portrait de Maximilien Gauthier



Eve Jean (1900 – 1968) – Portrait de Maximilien Gauthier


 

Jean Eve - Portrait de Maximilien Gauthier

Jean Eve, Portrait de Maximilien Gauthier, 1939

 

Jean Eve nait en 1900 près de Douai dans le Nord (59), dans une famille d’ouvriers. Très jeune, il développe un goût marqué pour le dessin et la peinture, qu’il lui faudra longtemps attendre pour pratiquer assidûment. Il exerce de nombreux métiers avant de s’installer à la Courneuve près de Paris pour y travailler à la Société des ateliers et fonderies ; il ne peint alors que le dimanche. En 1929, il expose au Salon des Indépendants, où ses paysages sont remarqués par la critique. En 1938, il participe à l’exposition des Maîtres populaires de la réalité, organisée par le critique d’art Maximilien Gauthier et le conservateur Pierre Andry-Farcy ; l’exposition rencontre un énorme succès critique qui lui permet de s’exporter à New-York. A partir de 1946, parvenant à vivre de sa peinture, Jean Eve quitte son emploi pour s’y consacrer. Son succès croissant, il est nommé officier puis Commandeur des Arts et des Lettres.

 

Portrait de Maximilien Gauthier, 1939 – huile sur toile

 

Maximilien Gauthier (1893 – 1977) est un écrivain, critique d’art, journaliste et président de multiples associations liées au monde artistique, qui a largement contribué à la reconnaissance de l’Art naïf. Dans ce tableau, l’artiste marque sa reconnaissance envers un homme dont le soutien ne s’est jamais démenti : le portrait présente Gauthier concentré sur un ouvrage d’art (une biographie de James Ensor), crayon à portée. Derrière lui, une imposante bibliothèque méticuleusement référencée illustre la culture et l’intelligence du personnage. Lui-même apparaît serein, bien habillé, confortablement installé dans un fauteuil en velours. L’hommage de Jean Eve dépasse donc le simple portrait physique : c’est également un portrait psychologique et social, s’inscrivant dans la tradition artistique des portraits-hommage, que le peintre tente de dresser de son modèle.