Musees de Laval » Déchelette Louis-Auguste (1894-1964) – L’Angleterre seule sauve la liberté // La Force au service de la justice



Déchelette Louis-Auguste (1894-1964) – L’Angleterre seule sauve la liberté // La Force au service de la justice


Louis-Auguste Déchelette est né en 1894 dans les environs de Lyon. Élevé par son grand-père, il devint Compagnon et fit son tour de France à seize ans, pour exercer ensuite le métier de peintre en bâtiment.

 

Depuis son enfance, Déchelette n’a cessé de peindre, mais la reconnaissance ne vint que tardivement : après la Seconde Guerre Mondiale, c’est Robert Rey, critique d’art, qui le découvrit et l’aida à obtenir la reconnaissance que son oeuvre méritait. Ses œuvres furent exposées pour la première fois en 1942. L’artiste finit par abandonner son métier, afin de se consacrer pleinement à l’art.

 

Après plusieurs années d’enthousiasme et de succès, le public et les amateurs d’art se désintéressèrent de son travail. Isolé, Déchelette connut une fin de vie difficile. Il est décédé en 1974 des suites d’une longue maladie.

 

Artiste complet, Louis-Auguste Déchelette a travaillé de nombreux thèmes et sujets, particulièrement des scènes de vie quotidienne et des paysages urbains ; mais il était également un artiste engagé, révolté par les horreurs des dictatures du 20e siècle. En 1944, il exposa ainsi une série d’œuvres politiques, qui dénonçaient le fascisme et le nazisme ; c’est dans cette inspiration qu’ont été réalisées les œuvres exposées, L’Angleterre seule sauve la liberté, et La Force au service de la justice. Sa peinture, travaillée avec sobriété, ses couleurs pleines de retenue, offrent des compositions fortes et incisives.

 

 

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Louis-Auguste Déchelette, L’Angleterre seule sauve la Liberté, 1940

Dans L’Angleterre seule sauve la Liberté, l’artiste a représenté une femme, debout, dont le bras gauche brandit un flambeau : il s’agit de la Liberté. Sur sa manche gauche est peint le drapeau britannique. La femme tient une épée, avec laquelle elle transperce l’hydre à deux têtes : à gauche, il s’agit du visage d’Hitler, à droite de celui de Mussolini. Son pied gauche écrase un scorpion à visage humain, représentant certainement Eugène Deloncle, le fondateur de la Cagoule, une organisation d’extrême-droite active en France dès les années 1930. Derrière la Liberté, se trouve la silhouette de l’Oncle Sam, c’est-à-dire les États-Unis. Dans le fond enfin, des avions représentent la flotte britannique, et les navires les combats navals. Au revers de l’œuvre, se trouve une inscription : « L’Angleterre seule sauve le flambeau de la liberté, grâce à la Royal Air Force et appuyé par l’Oncle Sam argenté, brise le nazisme, le fascisme et la cagoule ».

 

 

 

 

Dans La Force au service de la justice, un jeune homme en toge (la Force) soutient une femme ailée (la Liberté) avant qu’elle ne tombe à terre. De son autre bras, l’homme tient le poignet d’une femme, qui garde une épée entre ses mains : la Justice. Derrière eux, se trouve un champ de ruines, dans lequel des visages grimaçants sombrent. Au revers de l’œuvre, une inscription est lisible : « La Force au service de la Justice relève la Liberté dans les ruines du Nazisme, du fascisme et de la cagoule ».

 

 

Déchelette Louis-Auguste, La Force au service de la Justice, 1942

Déchelette Louis-Auguste, La Force au service de la Justice, 1942. Dépôt du Centre National des Arts Plastiques.