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Colette Beleys (1911-1998) – Le Diable


 

Colette Beleys, Le Diable, 1944

Colette Beleys, Le Diable, 1944

 

Colette Beleys est née en 1911 dans une famille d’imprimeurs parisiens. La passion de l’art lui est venue très tôt : elle commença par fréquenter les ateliers de Paul Colin et Charles Léandre, puis entra en 1930 à l’École nationale des Beaux-Arts dans l’atelier de Lucien Simon. C’est durant les examens d’entrée qu’elle rencontra Jean Lane, jeune artiste qui devint son mari. Ils s’installèrent tous les deux dans un atelier de la cité Falguière à Montparnasse, puis rue Perrel, dans l’atelier même du Douanier Rousseau.

 

Leur bonheur fut de courte durée, puisqu’il mourut à la guerre, cinq ans plus tard. Colette Beleys était une fervente admiratrice d’Henri Rousseau. Bien que formée aux Beaux-Arts, elle fut souvent apparentée aux Naïfs, mais se définissait elle-même plutôt comme un peintre instinctif. Avec beaucoup d’enthousiasme et d’authenticité, elle peignit une oeuvre primitive et pleine de poésie, à laquelle elle consacra toute sa vie.

 

Le Diable est une œuvre dans laquelle la référence au Douanier Rousseau est évidente. Elle rappelle particulièrement L’Enfant à la poupée, en raison de cette même absence de modelé dans le traitement des membres. Le diable, quant à lui, est une référence au polichinelle présent dans Pour fêter Bébé, de Rousseau. Toutefois, là où le Douanier emploie des couleurs très vives dans ses portraits d’enfants, Colette Beleys met en oeuvre une harmonie chromatique plus sourde.