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Caillaud (1902-1990) – Ulysse et Circé


Caillaud Aristide, Ulysse et Circé, 1947

Caillaud Aristide, Ulysse et Circé, 1947. Dépôt du Centre National des Arts Plastiques

 

 

Aristide Caillaud est né en 1902 dans les Deux-Sèvres : fils d’un modeste paysan, rien ne le destinait à l’art, même si à l’adolescence il maniait un peu ses pinceaux. Artiste étonnant et inclassable, il fut souvent apparenté aux Naïfs, et participa à l’exposition « Art brut » de Dubuffet, en 1949. Lors de la débâcle de 1940, Caillaud fut capturé par l’armée allemande et emprisonné dans un oflag (camp de prisonniers pour officiers pendant la Seconde Guerre Mondiale). Il commença alors réellement à pratiquer, la peinture : elle était le moyen idéal de faire rentrer un peu de gaieté et d’humanité dans le camp. Dès ce moment, il rattacha intensément la peinture à sa propre liberté.

 

L’œuvre de Caillaud est solaire. L’artiste voulait y rassembler tout ce que l’univers a de bon et d’accueillant : c’est ainsi qu’il propose des œuvres complexes, fouillées, où les animaux et les hommes évoluent dans un merveilleux monde végétal. Elles sont peuplées de personnages fantastiques, issus de la mythologie, ou de contes populaires et d’histoires bibliques.

 

Dans Ulysse et Circé, Caillaud a souhaité représenter cet épisode de L’Odyssée, dans lequel Ulysse et ses compagnons débarquent sur l’île où vit la déesse Circé. Celle-ci empoisonne tout l’équipage, les transformant en cochons, mais Ulysse aidé du dieu Hermès, échappe à la déesse et la force à lui fournir l’antidote.

 

Caillaud nous plonge dans un monde féerique. Pourtant, son travail se veut profondément réaliste. En effet, pour Caillaud, le monde ne relève pas que du domaine du visible. Il comporte aussi une dimension immatérielle, dont l’homme doit se nourrir pour s’épanouir pleinement. Il s’agit de tout ce que l’esprit humain possède pour s’élever : la foi, le rêve, l’imagination, la poésie.

 

Ainsi, l’image de l’arbre, représentant l’homme, est récurrente dans l’œuvre de Caillaud. Dans le travail de l’artiste, les racines de l’arbre sont à associer à l’ancrage de l’homme dans son environnement social et familial. De plus, l’arbre qui s’élève vers le ciel symbolise la quête spirituelle nécessaire à l’épanouissement de chacun. Par son travail, l’artiste veut amener l’homme à se questionner sur sa condition, à s’élancer vers le haut et à se dépasser.