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Benoît Jacqueline (1925-2012) – La Mariée


 

Benoît Jacqueline, Portrait d'une des filles de M. J. Soulas, 1959

Benoît Jacqueline, Portrait d’une des filles de M. J. Soulas, 1959

 

Jacqueline Benoit est née en 1925, à Paris. Elle eut le goût de la peinture dès l’enfance, peignant dans ses jeunes années de nombreuses gouaches. À vingt-neuf ans, sa pratique prit un tournant décisif lorsqu’elle s’initia à l’huile : elle consacra dès lors toute sa vie à l’art. Sa peinture s’inspire souvent des Primitifs italiens : son Portrait de M. J. Soulas rappelle sans peine les portraits aux profils raides et figés de Piero della Francesca (1412 ? -1492).

 

Elle fit la connaissance de l’écrivain Joseph-Marie Lo Duca, qui la présenta à Anatole Jakovsky, le théoricien de l’Art Naïf. Celui-ci admira son travail : c’est en grande partie grâce à lui que Jacqueline Benoit obtint la reconnaissance de son oeuvre remarquable. Son art, mystérieux, voilé, difficilement appréhendable, étonne et détonne dans l’Art Naïf, souvent considéré comme l’art de la gaieté obligée.

 

Benoît Jacqueline, La Mariée, 1958

Benoît Jacqueline, La Mariée, 1958

 

Jacqueline Benoit peuple son œuvre de jeunes filles au regard troublé et lointain ; ses compositions veulent dévoiler l’intimité de ces personnages mélancoliques, solitaires. Elle a plusieurs fois exploité le thème du mariage triste : couples sans intimité ni affection, absent l’un à l’autre, ou comme ici, mariée représentée seule. La jeune femme est habillée avec la plus grande finesse : sa robe blanche, contrastant avec le fond noir, souligne sa pureté ; son voile léger et sa couronne de roses délicates reposent sur sa tête. Elle a tout pour vivre une journée de joie ; pourtant, ses yeux bleus, d’une tristesse extrême, dévisagent de façon troublante le visiteur.

 

La solitude revient sans cesse dans l’œuvre de Jacqueline Benoit. Les femmes subissent la présence de l’homme, font face à son indifférence, ou en sont libérées, mais aucune harmonie entre les deux sexes n’apparaît possible : l’amour est tour à tour une illusion et un piège.