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Antigore Baglione (1902-1996) – Le Taureau noir


 

Baglione Antigore, Le Taureau noir, non daté

Baglione Antigore, Le Taureau noir, non daté

 

Antigore Baglione (dont le nom d’artiste était Antigore) est né en 1902, en Italie. Il a arrêté l’école à treize ans, afin d’apprendre le métier de son père qui s’occupait des vignes et du verger de la propriété familiale. Devenu un jeune homme, il quitta l’Italie pour la France, et s’installa à Toulon et à Marseille, où il exerça la profession de restaurateur.

 

Antigore Baglione aimait dessiner depuis l’enfance, mais sa profession exigeante ne lui avait pas laissé le loisir de s’exercer. À la mort de sa femme en 1972, retraité désœuvré, il prit ses pinceaux et commença à pratiquer, en total autodidacte. Ce fut une révélation : il parvint à peindre dans ses œuvres l’univers qu’il portait en lui, tout à la fois paradis perdu et reflet des impressions que le monde réel suscitait en lui.

 

Dans Le Taureau noir, Antigore nous livre une vision magnifiée d’un paysage de Camargue. Il représente des espèces qui vivent dans cette région : des chevaux galopant en toute liberté, des flamands roses, et un taureau au regard fixe et dur, qui dévisage le visiteur.

 

L’artiste a intégré dans son œuvre une gaieté incroyable, traduisant toute la beauté et la force de la nature ; il utilise une palette de couleurs très vives, défiant souvent les lois de la logique, comme cette eau au bleu très pur malgré le rose profond du ciel. Les étendues d’herbe sont couvertes de fleurs, les arbres déploient des branches fournies. La petite silhouette de l’homme apparaît ici ou là, s’épanouissant en totale harmonie avec ces jardins merveilleux.

 

Enfin, avec le taureau, l’artiste nous donne un bel exemple de perspective mentale, une technique très régulièrement utilisée par les artistes naïfs. Ils peignent les éléments leur semblant les plus importants bien plus grands qu’ils ne devraient l’être, afin de respecter l’échelle de leur univers intérieur. Ainsi, défiant les lois des proportions, le taureau dépasse presque la cime des arbres qui l’entourent.